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Intelligence artificielle et études supérieures : pourquoi apprendre à penser reste essentiel

L’intelligence artificielle transforme déjà les études supérieures. En quelques secondes, un étudiant peut obtenir un plan, une synthèse, une reformulation, des exemples ou une première analyse sur presque n’importe quel sujet. Ces outils ouvrent de nouvelles possibilités, mais ils interrogent aussi profondément la manière d’apprendre.

Si une machine peut produire rapidement une réponse bien structurée, que signifie encore comprendre ? Si un devoir peut être préparé avec l’aide d’un outil d’intelligence artificielle, comment s’assurer que l’étudiant sait réellement expliquer, défendre et assumer ce qu’il présente ? Ces questions ne rendent pas l’école moins utile. Au contraire, elles rappellent que la valeur d’une formation ne se limite pas à l’accès au savoir.

Dans ce nouveau contexte, apprendre ne consiste plus seulement à recevoir de l’information ou à restituer des connaissances. Il devient essentiel de savoir poser les bonnes questions, vérifier une réponse, distinguer ce qui est fiable de ce qui ne l’est pas, construire un raisonnement personnel et prendre une décision avec discernement.

À l’EMD Business School, cette conviction s’inscrit dans une vision plus large de la formation : la pédagogie du potentiel. L’objectif n’est pas d’ignorer l’intelligence artificielle, mais d’apprendre à l’utiliser comme un outil, sans lui déléguer ce qui relève de la responsabilité humaine : penser, choisir, décider et agir.

Intelligence artificielle et études supérieures : pourquoi apprendre à penser reste essentiel

L’intelligence artificielle transforme déjà la manière d’apprendre

Les étudiants d’aujourd’hui évoluent dans un environnement où l’information est disponible en permanence. Avec l’intelligence artificielle, cette disponibilité franchit une nouvelle étape : il ne s’agit plus seulement de chercher une réponse sur un moteur de recherche, mais de demander à un outil de produire une explication, une synthèse, un plan ou une proposition de raisonnement.

Cette évolution modifie le rapport au travail universitaire. Préparer un exposé, comprendre une notion complexe, résumer un document, reformuler une idée ou trouver des pistes pour un devoir peut désormais être accéléré. Pour un étudiant, l’IA peut devenir une aide précieuse, notamment lorsqu’elle permet de débloquer une réflexion, de clarifier un sujet ou d’ouvrir de nouvelles perspectives.

Mais cette facilité d’accès change aussi les exigences. Lorsque les réponses deviennent rapides, abondantes et souvent convaincantes en apparence, le véritable enjeu n’est plus seulement de trouver une information. Il est de savoir l’interroger. Est-elle juste ? Est-elle complète ? Est-elle adaptée au sujet ? Sur quelles sources repose-t-elle ? Que manque-t-il dans le raisonnement proposé ?

L’intelligence artificielle fait ainsi passer les étudiants d’un monde où il fallait principalement chercher l’information à un monde où il faut apprendre à la trier, à la vérifier et à la mettre en perspective. Cette compétence devient centrale, car une réponse bien formulée n’est pas nécessairement une réponse fiable, pertinente ou comprise.

Dans les études supérieures, cette transformation oblige donc à repenser la manière d’apprendre. L’étudiant ne peut plus être seulement évalué sur sa capacité à produire un contenu. Il doit aussi être capable d’expliquer comment il l’a construit, pourquoi il a retenu certaines idées, comment il a vérifié ses informations et quelle position il assume personnellement.

C’est précisément là que le rôle d’une école de commerce demeure essentiel. Elle ne transmet pas seulement des savoirs. Elle apprend à les questionner, à les relier, à les utiliser et à les incarner dans des situations concrètes. À l’ère de l’intelligence artificielle, cette mission devient plus importante que jamais.

Pourquoi produire une réponse ne veut pas dire comprendre

L’un des grands défis posés par l’intelligence artificielle est l’illusion de maîtrise qu’elle peut créer. Une réponse bien rédigée, bien structurée et formulée avec assurance peut donner l’impression qu’un sujet est compris. Pourtant, produire un contenu et comprendre en profondeur sont deux réalités différentes.

Un étudiant peut obtenir un plan cohérent sans savoir pourquoi ce plan est pertinent. Il peut générer une synthèse sans être capable d’en expliquer les nuances. Il peut reformuler une idée sans en mesurer les limites. Il peut même présenter un raisonnement convaincant en apparence, sans avoir réellement construit ce raisonnement lui-même.

C’est là que la distinction devient essentielle. Comprendre, ce n’est pas seulement disposer d’une réponse. C’est savoir d’où elle vient, sur quoi elle repose, ce qu’elle laisse de côté et dans quelle mesure elle peut être discutée. C’est aussi être capable de la reformuler avec ses propres mots, de la défendre face à une objection et de l’adapter à une situation nouvelle.

Dans les études supérieures, cette exigence est fondamentale. Un étudiant ne se forme pas seulement en rendant un travail terminé. Il se forme dans le chemin qui l’amène à construire ce travail : les questions qu’il se pose, les sources qu’il consulte, les hypothèses qu’il teste, les erreurs qu’il corrige et les choix qu’il finit par assumer.

L’intelligence artificielle peut accélérer certaines étapes, mais elle ne doit pas faire disparaître ce cheminement. Si l’étudiant délègue trop vite la recherche, l’organisation des idées ou la formulation d’un raisonnement, il risque d’obtenir un résultat sans avoir développé les compétences qui permettent d’y parvenir.

Apprendre suppose donc de résister à une tentation : confondre la qualité apparente d’une production avec la qualité réelle de la compréhension. Une copie peut être fluide sans être vraiment personnelle. Une réponse peut être complète sans être maîtrisée. Une analyse peut sembler pertinente sans que l’étudiant soit capable d’en porter la responsabilité.

À l’ère de l’IA, la question posée à l’étudiant n’est donc plus seulement : “Qu’as-tu produit ?” Elle devient aussi : “As-tu compris ce que tu présentes ? Peux-tu l’expliquer ? Peux-tu le discuter ? Peux-tu justifier les choix que tu as faits ?” C’est cette capacité à s’approprier un raisonnement qui reste au cœur de la formation intellectuelle.

Ce que l’IA peut apporter aux étudiants

Bien utilisée, l’intelligence artificielle peut devenir un outil intéressant pour les étudiants. Elle peut aider à clarifier une notion, à débloquer une réflexion, à organiser des idées ou à s’entraîner. Le problème ne vient donc pas de l’outil en lui-même, mais de la manière dont il est utilisé.

Lorsque l’étudiant reste acteur de son travail, l’IA peut soutenir l’apprentissage. Elle peut l’aider à aller plus vite sur certaines tâches, à varier les angles d’approche ou à mieux comprendre un sujet complexe. Mais elle doit rester un appui, et non se substituer à l’effort de compréhension, de recherche et de jugement.

Explorer un sujet plus rapidement

L’intelligence artificielle peut d’abord aider un étudiant à entrer dans un sujet. Face à une notion nouvelle, un thème complexe ou une problématique large, elle peut proposer des définitions, des exemples, des pistes de réflexion ou des premières distinctions utiles.

Cette aide peut être précieuse au début d’un travail, notamment pour dépasser la page blanche ou mieux cerner les contours d’un sujet. Mais elle ne doit pas remplacer la recherche personnelle. Les réponses obtenues doivent être vérifiées, complétées, comparées à des sources fiables et replacées dans le cadre précis du cours ou du travail demandé.

Structurer une réflexion ou un travail

L’IA peut aussi aider à organiser des idées. Elle peut proposer un plan, reformuler une problématique, suggérer une progression logique ou faire apparaître des angles que l’étudiant n’avait pas encore envisagés. Dans ce cas, elle peut fonctionner comme un outil de structuration.

Mais structurer ne signifie pas décider à la place de l’étudiant. Un plan proposé par l’IA doit être discuté, adapté et parfois entièrement repris. L’étudiant doit rester capable d’expliquer pourquoi il choisit telle organisation plutôt qu’une autre, pourquoi il met certains arguments en avant et pourquoi il écarte certaines pistes.

S’entraîner, reformuler et progresser

L’intelligence artificielle peut également servir d’outil d’entraînement. Un étudiant peut lui demander d’expliquer une notion autrement, de proposer des questions de révision, de simuler un échange, de reformuler une idée ou de l’aider à préparer un oral.

Dans cette perspective, l’IA peut favoriser la progression, à condition que l’étudiant ne se contente pas de recopier ce qui lui est proposé. L’intérêt réside dans l’aller-retour : comparer, corriger, reformuler, poser une nouvelle question, tester sa compréhension et s’approprier progressivement le contenu.

Utilisée ainsi, l’IA peut enrichir les apprentissages. Elle devient un outil parmi d’autres, au service d’un étudiant qui cherche, questionne et construit son raisonnement. Sa valeur dépend donc moins de sa puissance technique que de la maturité avec laquelle elle est mobilisée.

Les risques d’un usage passif de l’intelligence artificielle

Si l’intelligence artificielle peut soutenir les apprentissages, elle peut aussi fragiliser la formation lorsqu’elle est utilisée de manière passive. Le risque n’est pas seulement de produire un devoir trop facilement. Il est surtout de laisser l’outil prendre la place du raisonnement, de l’effort intellectuel et de la responsabilité personnelle.

Dans les études supérieures, apprendre demande du temps : chercher, hésiter, comparer, reformuler, se tromper, recommencer. Ce cheminement peut sembler moins efficace qu’une réponse immédiate, mais il construit des compétences profondes. Lorsque l’IA supprime trop vite ces étapes, l’étudiant peut obtenir un résultat sans avoir réellement progressé.

Confondre rapidité et maîtrise

L’un des premiers risques consiste à confondre la vitesse de production avec la maîtrise du sujet. Une réponse générée rapidement peut être fluide, structurée et convaincante. Pourtant, cette qualité apparente ne signifie pas que l’étudiant comprend les notions utilisées, les liens entre les idées ou les limites du raisonnement proposé.

Cette confusion peut être d’autant plus forte que l’IA donne souvent une impression de certitude. Elle formule des réponses avec assurance, même lorsque certains éléments mériteraient d’être nuancés, vérifiés ou discutés. L’étudiant doit donc apprendre à ne pas se laisser séduire par la forme, mais à interroger le fond.

Perdre l’habitude de chercher par soi-même

Un autre risque est de perdre progressivement l’habitude de chercher. Avant même de produire une réponse, apprendre suppose de formuler une question, d’identifier ce que l’on ne comprend pas, de sélectionner des sources, de comparer des points de vue et de construire peu à peu une réflexion.

Si l’étudiant délègue systématiquement cette première étape à l’IA, il peut devenir dépendant d’un outil qui lui propose directement un chemin. Or la capacité à chercher par soi-même reste essentielle, dans les études comme dans la vie professionnelle. Un futur manager devra souvent avancer dans des situations incertaines, sans réponse immédiate ni solution toute faite.

Déléguer son jugement à l’outil

Le risque le plus profond est sans doute de déléguer son jugement. L’intelligence artificielle peut proposer des pistes, organiser des idées ou formuler des arguments, mais elle ne peut pas porter la responsabilité d’une décision. Elle ne connaît pas toujours le contexte réel, les enjeux humains, les contraintes éthiques ou les conséquences concrètes d’un choix.

Dans une formation supérieure, l’étudiant doit donc apprendre à rester responsable de ce qu’il produit. Il peut s’appuyer sur l’IA, mais il doit être capable de dire pourquoi il retient une idée, pourquoi il en écarte une autre, comment il vérifie une information et quelle position il choisit finalement d’assumer.

Un usage passif de l’IA peut donner l’impression d’aller plus vite. Mais une formation ne vise pas seulement à produire vite. Elle doit aider l’étudiant à construire une intelligence personnelle, capable de recul, d’analyse et de discernement. C’est cette intelligence-là qui lui permettra de s’adapter aux évolutions des métiers et de prendre sa place dans le monde professionnel.

Apprendre à penser : une compétence plus essentielle que jamais

Avec l’intelligence artificielle, apprendre à penser devient plus essentiel que jamais. Non pas parce que les étudiants manqueraient d’informations, mais parce qu’ils en reçoivent désormais beaucoup, très vite, sous des formes parfois séduisantes. Le défi n’est plus seulement d’accéder au savoir. Il est de savoir quoi en faire.

Apprendre à penser, ce n’est pas simplement avoir une opinion ou trouver une réponse. C’est être capable de formuler une question juste, d’analyser une situation, d’identifier les informations utiles, de distinguer un fait d’une interprétation, de reconnaître les limites d’un raisonnement et de construire progressivement une position personnelle.

Cette compétence demande du temps. Elle suppose de lire, comparer, douter, reformuler, confronter ses idées à celles des autres et accepter parfois de modifier son point de vue. Elle demande aussi une certaine exigence intérieure : ne pas se satisfaire trop vite d’une réponse confortable, ne pas confondre clarté apparente et vérité, ne pas déléguer trop rapidement ce qui doit être compris par soi-même.

Dans les études supérieures, cette capacité de réflexion est décisive. Un étudiant ne se prépare pas seulement à résoudre des exercices. Il se prépare à entrer dans des organisations où les situations sont rarement simples, où les décisions engagent des personnes, des budgets, des équipes, des clients, des partenaires et parfois des enjeux éthiques.

Un futur professionnel devra savoir utiliser des outils, bien sûr. Mais il devra surtout savoir interpréter ce qu’ils produisent, poser un regard critique, mesurer les conséquences d’une décision et assumer une responsabilité. L’intelligence artificielle peut aider à éclairer une situation. Elle ne peut pas remplacer la maturité nécessaire pour décider.

Apprendre à penser, c’est donc apprendre à ne pas être simplement consommateur de réponses. C’est devenir capable de recul, de discernement et d’appropriation. C’est aussi apprendre à dire : “Je comprends ce que j’avance, je sais pourquoi je le défends, et je suis capable d’en discuter.”

Cette exigence rejoint l’une des missions profondes de l’enseignement supérieur : former des personnes capables de tenir debout intellectuellement. À l’ère de l’IA, cette mission ne disparaît pas. Elle devient au contraire plus centrale, car les étudiants auront besoin d’un socle solide pour ne pas se laisser porter uniquement par la facilité des outils.

Le rôle d’une école face à l’intelligence artificielle

Face à l’intelligence artificielle, une école ne peut pas se contenter d’ajouter quelques outils numériques à ses enseignements. Elle doit aider les étudiants à comprendre ce qui change réellement dans leur manière d’apprendre, de travailler et de décider. L’enjeu n’est pas seulement technique. Il est aussi intellectuel, humain et éthique.

Une formation supérieure doit apprendre aux étudiants à utiliser l’IA sans en devenir dépendants. Elle doit leur permettre de tirer parti de la puissance de ces outils, tout en développant leur capacité à questionner, vérifier, argumenter et prendre du recul. C’est précisément ce qui donne toute son importance à la pédagogie : elle organise les situations dans lesquelles l’étudiant ne se contente pas de produire, mais apprend à comprendre et à assumer.

Apprendre à vérifier et à questionner

L’une des premières responsabilités d’une école est d’apprendre aux étudiants à ne pas accepter une réponse sans l’interroger. Une production générée par l’IA peut sembler claire, structurée et convaincante. Pourtant, elle peut contenir des imprécisions, des biais, des oublis ou des raisonnements trop rapides.

Vérifier devient donc une compétence fondamentale. Il faut savoir croiser les sources, identifier les informations fiables, repérer ce qui manque, distinguer une affirmation d’un argument et comprendre dans quel contexte une réponse peut être pertinente ou non. Cette exigence ne concerne pas seulement les travaux académiques. Elle prépare aussi les étudiants à la vie professionnelle, où les décisions doivent s’appuyer sur des informations solides.

Former au discernement et à la responsabilité

L’intelligence artificielle peut aider à produire des analyses, mais elle ne remplace pas le discernement. Elle ne connaît pas toujours les enjeux humains d’une situation, les conséquences d’une décision, les tensions d’une équipe ou les responsabilités liées à une fonction managériale.

Former un étudiant à l’ère de l’IA, ce n’est donc pas seulement lui apprendre à utiliser un outil. C’est l’aider à comprendre qu’il reste responsable de ce qu’il choisit, de ce qu’il affirme et de ce qu’il décide. Un futur professionnel ne pourra pas se réfugier derrière une réponse générée automatiquement. Il devra être capable d’expliquer son raisonnement, d’en mesurer les limites et d’en assumer les conséquences.

Créer des situations où l’étudiant doit défendre ses choix

C’est ici que la pédagogie joue un rôle décisif. Si l’on demande seulement à un étudiant de produire un document, l’intelligence artificielle peut parfois donner l’illusion que le travail est fait. Mais si on lui demande de présenter son raisonnement, de répondre à des objections, de défendre une recommandation ou de prendre une décision dans un cas concret, l’outil ne peut plus se substituer à lui.

Les oraux, les débats, les travaux de groupe, les études de cas, les projets professionnels et les mises en situation deviennent alors essentiels. Ils obligent l’étudiant à sortir d’une logique de simple production pour entrer dans une logique d’appropriation. Il doit comprendre ce qu’il avance, écouter les remarques, ajuster sa position et prendre la responsabilité de ses choix.

Cette approche rejoint une conviction forte : à l’ère de l’intelligence artificielle, la pédagogie d’une école compte autant que son diplôme. Car la valeur d’une formation ne se mesure pas seulement à ce qu’un étudiant sait produire, mais à sa capacité à penser, décider, coopérer et agir dans des situations réelles.

À l’EMD, l’IA s’intègre dans une pédagogie du potentiel

À l’EMD Business School, l’intelligence artificielle n’est pas abordée comme un simple sujet technologique. Elle s’inscrit dans une réflexion plus large sur la manière de former les étudiants aujourd’hui. Si les outils changent, l’objectif de la formation demeure : aider chaque jeune à développer ses compétences, sa confiance, son discernement et sa capacité à agir avec responsabilité.

C’est dans cet esprit que l’IA prend place au sein de la pédagogie du potentiel de l’EMD. L’enjeu n’est pas seulement d’apprendre à utiliser de nouveaux outils, mais de comprendre comment les mobiliser intelligemment, sans perdre ce qui fait la valeur propre de la personne : sa capacité à penser, à choisir, à coopérer et à se mettre au service d’un collectif.

Cette approche repose sur un équilibre. D’un côté, les étudiants doivent maîtriser les outils de leur époque, car l’intelligence artificielle fera partie de leur environnement professionnel. De l’autre, ils doivent apprendre à ne pas confondre l’usage d’un outil avec la maturité d’un raisonnement. Savoir utiliser l’IA ne suffit pas. Il faut aussi savoir pourquoi on l’utilise, dans quel cadre, avec quelles limites et au service de quelle décision.

À l’EMD, cette réflexion rejoint les trois grands axes de la formation : apprendre à se connaître, comprendre le monde et maîtriser les outils fondamentaux des organisations. L’intelligence artificielle appartient à ce troisième axe, mais elle ne peut être pleinement utile que si elle est reliée aux deux autres. Un étudiant doit connaître ses forces et ses limites, comprendre le contexte dans lequel il agit, puis utiliser les outils avec justesse.

Cette vision est particulièrement importante pour former de futurs managers. Dans une entreprise, l’IA pourra aider à analyser des données, préparer des scénarios, automatiser certaines tâches ou éclairer une décision. Mais elle ne remplacera pas l’attention portée aux personnes, la compréhension des situations humaines, la capacité à arbitrer ni le courage d’assumer une responsabilité.

Former à l’IA, pour l’EMD, ce n’est donc pas seulement former à la performance. C’est former à un usage responsable des outils. C’est apprendre aux étudiants à rester libres face à la technologie, à garder leur jugement, à exercer leur discernement et à mettre leurs compétences au service d’une action utile.

Dans un monde où les réponses seront de plus en plus faciles à produire, la différence se fera sur la qualité des questions, la profondeur de la compréhension et la responsabilité des décisions. C’est précisément ce que l’EMD cherche à développer chez ses étudiants : non pas seulement des professionnels capables d’utiliser l’intelligence artificielle, mais des personnes capables de penser avec elle, sans jamais cesser de penser par elles-mêmes.

FAQ

L’intelligence artificielle rend-elle les études supérieures moins utiles ?

Non. L’intelligence artificielle ne rend pas les études supérieures moins utiles. Elle change plutôt ce que l’on attend d’une formation. Si l’accès à l’information devient plus rapide, il devient encore plus important d’apprendre à comprendre, vérifier, questionner, argumenter et prendre des décisions avec discernement.

Peut-on utiliser l’IA pour apprendre sans tricher ?

Oui, l’IA peut être utilisée comme un outil d’apprentissage, à condition que l’étudiant reste acteur de son travail. Elle peut aider à clarifier une notion, structurer des idées, s’entraîner ou reformuler un contenu. Mais l’étudiant doit vérifier les réponses, les comprendre, les adapter et être capable d’expliquer ce qu’il présente.

Pourquoi apprendre à penser reste-t-il important avec l’IA ?

Apprendre à penser reste essentiel parce que l’IA peut produire une réponse sans garantir sa justesse, sa pertinence ou sa compréhension réelle par l’étudiant. Penser, c’est poser les bonnes questions, analyser une situation, distinguer les informations fiables, construire un raisonnement personnel et assumer une position.

Quels sont les risques de l’IA pour les étudiants ?

Les principaux risques sont de confondre rapidité et maîtrise, de perdre l’habitude de chercher par soi-même et de déléguer son jugement à l’outil. Un usage passif de l’IA peut donner l’impression de progresser, alors que l’étudiant ne développe pas toujours les compétences profondes nécessaires pour comprendre, décider et agir.

Comment une école peut-elle former les étudiants à bien utiliser l’IA ?

Une école peut former les étudiants à l’IA en leur apprenant à vérifier les informations, à croiser les sources, à questionner les réponses générées et à défendre leurs choix. Les oraux, les débats, les cas pratiques et les projets concrets sont essentiels, car ils obligent l’étudiant à s’approprier son raisonnement.

Quelle place l’EMD donne-t-elle à l’intelligence artificielle ?

À l’EMD Business School, l’intelligence artificielle est intégrée comme un outil à maîtriser, dans le cadre d’une formation plus large centrée sur le potentiel de chaque étudiant. L’objectif est d’apprendre à utiliser l’IA avec discernement, sans renoncer à la responsabilité humaine, à la réflexion personnelle et au sens du service.

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